La vie, la vraie. C'est celle qui commence dès aujourd'hui. Dans un cynisme assourdissant, elle a lancé un défi, avec son amie de toujours, la mort. Un défi à ceux qui n'ont pas daigné répondre à sa mauvaise foi, à son injustice. Les échos machiavéliques de sa sinistre existence m'atteignent enfin.
Cette insouciance qui alimenta tant d'articles sur ce blog, que le peu de lecteurs aura eu le courage de lire, et qui fait de moi cette personne un peu rêveuse et idéaliste, a pris momentanément fin. Momentanément, car, passé le choc d'une nouvelle qui prouve (s'il en était besoin) le mépris cynique de la vie pour ceux qui l'aiment, le courage renaîtra, pour lutter contre ce moulin à vent qu'est la vie, ou plutôt la mort. Enfin, les deux quoi. La vraie vie, c'est elle, c'est donc ceci. Apprendre à souffrir. Accepter la mort. Accepter. Ce mot m'est si peu familier. Nourri par l'indignation, la révolte et l'insoumission, il faut donc se résoudre à cette puérile sentence: "c'est la vie". Je me suis d'ailleurs toujours demandé si cette phrase ne dénotait pas, au contraire, un déni de réalité plus violent que le plus doux idéalisme. Mais passons, il faut savoir accepter que la vie, c'est d'abord la mort, ou du moins son attente. Et pour conjurer ce funeste fatalisme, il faut questionner. Se questionner. La vie a-t-elle un sens lorsqu'elle est occupée à travailler? Est-ce ceci, le refus de se résigner? Travailler pour les autres? Laisser échapper sa vie pour gagner de l'argent? Est-ce accepter la vie telle qu'elle est que de l'occuper des journées entières au labeur? N'est-ce pas, au contraire, un coup de pouce au fatalisme? On m'a dit que la vie était une maladie mortelle. C'est vrai. Et on l'occupe à de futiles activités pour oublier que l'on est mortel. Mais la vie est surtout mépris. La vie est méprise. Non, ne croyez pas en mon présumé pessimisme. Ou on l'est tous. Non. Je tente simplement de comprendre ce qu'aucune science ne peut résoudre: l'injustice.

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