mardi 15 mars 2016

La France d'en bas

"J'ai un profond respect pour le mépris que j'ai des gens" (Pierre Desproges)



- On ne veut pas de migrants, occupez-vous d'abord de nos sdf!
- Ok on les installe dans le 16e
- On ne veut pas de sdf, occupez-vous d'abord des pauvres qui travaillent
- Ok on embauche des fonctionnaires
- On ne veut pas des fonctionnaires, ils sont trop payés. Occupez-vous des pauvres qui travaillent beaucoup.
- Ok, on lutte contre l'évasion fiscale
- Non, laissez les patrons investir en France, arrêtez de les taxer. On veut que vous vous occupiez des ouvriers et des agriculteurs
- Ok on va revoir les aides financières
- Non, il y a beaucoup d'assistés. On veut que vous vous occupiez des français de souche.
- Ok, on regardera les cartes d'identité.
- Non, il y en a beaucoup qui ne sont pas français
- Qui ça, "il y en a" ?
- Vous n'avez rien compris. On veut juste virer les bougnoules. C'est tout ce qu'on veut, mec.

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La France d'en bas, ce n'est pas celle qui oeuvres aux basses besognes du système, non. On peut être un entrepreneur exécrable un laveur de carreaux attachant. Tout est dans l'adhésion du peuple dans ces idées primaires de rejet. Lesquelles sont parfaitement contrôlées par le tube cathodique (ou l'écran plat, aussi plat que le contenu des programmes, d'ailleurs). La France d'en bas, c'est celle qui croit en l'inégalité des races, légitime l'inégalité sociale, se retourne contre ses pairs pour "exprimer sa colère", alors qu'il pourrait s'asseoir et lire un livre, apprendre qu'en détestant ses semblables, d'autres profitent de vous. En semant la division dans ses ouailles, le prédicateur capitaliste se repaît de leurs richesses. C'est tout cela , la France d'en bas: une pauvreté d'esprit, plus qu'une pauvreté financière; une faiblesse d'esprit, la vulgarité triomphante d'une émotion qui a renoncé à l'élévation de l'âme.

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