mardi 8 mars 2016

L'illusion (du) comique

"L'homme souffre si profondément qu'il a dû inventer le rire" (Friedrich Nietzsche)




Et voilà. Nouvelle étape dans ma vie. Cette vie passée à créer dans l'anonymat le plus total. A faire de la musique que personne n'écoute, à écrire sur un blog où personne n'échoue. Et à dessiner ... Ah si, pour voir mes dessins, il y a du monde. 


Le moment est venu de vous livrer une partie de moi. Le gars qui dessine, c'est moi. Le gars qui fait le con sur les réseaux sociaux, c'est aussi moi. Ah oui, et je suis aussi prof des écoles. Un travailleur honnête et dévoué au service de l'Education Nationale, mais surtout au service des enfants, ces êtres pleins de vie, d'envie et d'insouciance, ces autres moi que j'ai dû quitter pour devenir un adulte. Mais dans la vraie vie, aujourd'hui, je ne fais pas l'idiot. Je pleure. Comme un con, certes, mais sans le vouloir, cette fois. Oui, je pleure, comme tout le monde, car j'ai pas eu le temps d'en rire avant. Ou peut-être est-ce trop dur, parce je n'ai pas le recul nécessaire pour comprendre ce qui m'arrive brutalement en ce moment-même. Alors je continue de dessiner, de rire de la vie, de son cynisme, avec la même fougue et le même gai désespoir qui fait peut-être la seule force de mes dessins.

Parfois, il m'arrive de me demander si ce blog sera l'unique testament de mon for intérieur, le reliquat des émanations de ma complexe personnalité, de ce subconscient torturé, sensible et dérangé. Volatile testament, voué à se perdre dans l'infini trou noir de la toile, ou révélateur subversif de l'absurdité du monde? Quoiqu'il en soit, l'heure est venue de livrer au monde le fruit de toutes ces réflexions, créations, esquisses, de la plus matérialiste des manières: un livre. Publication à venir. 


JO dessinateur. Une autre facette de moi. Le gars cool, qui dessine, fait marrer les gens, même dans la légende de ses dessins, toujours pince-sans-rire, enclin au jeu de mot parfois foireux, parfois subtil. Carapaces virtuelles de sa triste vision du monde, dont je préfère rire, comme disait Beaumarchais, plutôt que d'en pleurer. Ce JO-là, c'est le JD de ce blog, une personnalité à moitié fictive. Seul l'humour est authentique. Par-delà les followers, les fans et autres commentaires, on est seul. On aimerait vivre de ses passions, mais on travaille, comme tout le monde, dans le vain espoir qu'un jour, la vraie vie commencera. Malgré tous mes écrits, mes dessins stupides, je me suis résigné à cette cruelle vérité: la vie telle que l'entend le commun des mortels, c'est ça. Une survie qui ne dit pas son nom. Je vais donc tenter, à défaut d'accepter cette sentence déraisonnable (peut-être parce que justement rationnelle), accomplir ce geste un peu symbolique de l'écriture et la publication de ce livre, cette partie de moi, ce concentré de bêtise et de joie, tant partagé sur les réseaux sociaux.

Ne cherchez pas quelque effet de style, une assonance perdue dans l'écho de ces tristes paroles, voyez-y au contraire l'émanation brute de ma pensée, au sortir du lit, en ce jour où la vie veut me prendre un être cher, mais qui n'aura, comme toujours, qu'un dessin cynique en guise de refus.

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