Un; Deux; Trois. Quatre...
Les secondes passent. Je n'ai ni le temps ni la force de les rattraper. Le wagon est en marche, impossible de le regagner. Elles le savent très bien. Elles me narguent, à processionner toujours plus vite, à danser la vie, à rythmer cette perpétuelle lutte. A plusieurs ces insignifiantes petites secondes m'attirent inévitablement vers le précipice. Elles semblent jouir de ma faiblesse. Je cesse de regarder ma montre. Elle me donne la migraine. Le vertige aussi. Je me défile devant le temps qui s'effile; c'est toujours mieux que se défiler devant ma vie qui s'effile. Je perds le fil. Coupons-le.
Oh, tendresse ennemie!
Rattrape cette corde, et remonte-moi.
Redevenons amis. Amis, simplement. Mais sûrement. Redevenons la tendresse d'autrefois. Aussi solide que certaine. Aussi rassurante qu'imperturbable. Aussi encourageante que sincère.
Redeviens ma paire. Redeviens-moi. Reviens à moi. Redeviens mienne. Renouons cet amour, renouons ce fil. Amour, vite, re-déploie tes ailes, et envoles-moi. Pour toujours.
C'est mon anniversaire. Toutes ces mines réjouies semblent l'indiquer en chœur. Un "Joyeux anniversaire" me noie dans toute sa splendeur, telle la houle. Emporté par cet élan, j'échouai, trouvant pour seule défense un "merci" téméraire mais discret. Poignées de mains et bises pour sceller davantage l'hypocrisie qui unit les hommes entre eux, et puis c'est reparti pour une nouvelle année "comme les autres".
Une question me frappe encore: dois-je vraiment fêter la vie avec tant d'entrain ou simplement me résigner d'être encore en vie? Dois-je célébrer le fait d'avoir un an de plus, ou le regretter?
Je ne célèbre pas la vie. Les anniversaires sont à mes yeux des commémorations, qui me rappellent sans cesse combien je suis courageux de n'avoir pas encore trépassé à la sottise des gens. Non, la vie n'est pas une célébration. Elle est cette chanson, cette oraison funèbre qui fredonne la même mélodie à nos oreilles. Et ces doux baisers? Une imposture, l'illusion que la tendresse existe encore.
Tendresse- tendresse - ten... dresse. Tant d'resses. Tends. Dresse. Tendresse toi-même! (je hais les impératifs)
Des mots, des mots. Des Mots. DES Mots. Des MAUX.
Voilà que la migraine frappe encore, au rythme inaltérable des mots, du temps. La réalité des maux rattrape à grands pas l'illusion des mots . C'est inévitable.
Comme ces secondes, qui défilent, quinze, seize, dix-sept... Je m'approche du gouffre, aussi sûrement que ces secondes qui passent et qui trépassent, qui approchent peu à peu de minuit.
Je m'efforce de fermer les yeux. D'esquisser un sourire. La nuit approche. Partira-t-elle?
Une nouvelle lutte s'annonce. Un nouveau combat m'attend.
La vie n'est qu'une histoire de lutte.
Lutte - lutte- lutte - l...
SILENce.
lundi 1 février 2010
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