Quoi de plus fragile, délicat, et instable que l'amitié?
Cette intarissable comptine pour enfants qui commence mollement sous des airs de candeur, et qui brutalement s'achève, aux portes de la maturité, là où les chemins se divisent, où les sentiments se dégradent, mûrissent, avec l' inexorable défilé du temps. L'âge adulte, l'amour, les devoirs que ceux-ci impliquent, étouffent peu à peu l'infortunée. Qui devient, peu à peu, l'hypocrisie. De l'amitié, cette inséparable étoile, ne restera qu'une vile et doucereuse illusion, dans ce ciel sombre. Ainsi soit-il; le deuil d'une vie amorce une histoire nouvelle, mais les doléances demeurent, silencieuses.
jeudi 16 décembre 2010
dimanche 15 août 2010
"Margot était exactement le contraire de Charlotte, physiquement et de tempérament. Elle mesurait un peu plus d'un mètre soixante-seize... portait un tailleur - jupe-culotte kaki et veste aux épaules rembourrées, agressives- , l'uniforme des femmes qui veulent montrer à tous ceux qu'elles rencontrent que désormais elles ne sont plus tributaires des hommes. Son parfum et ses chaussures étaient coûteux, signe certain qu'elle n'avait pas autant d'argent qu'elle estimait devoir posséder."
(Graham Masterton, Le portrait du mal)
mercredi 19 mai 2010
A propos de mort....
J'ai le corps d'un homme de dix-huit ans. Il est dans mon frigo. (Spike Milligan)
*********
La vie est si plate que c'est souvent une distraction d'apprendre la maladie, puis la mort de quelqu'un qu'on connaît
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La guerre justifie l'existence des militaires. En les supprimant. (Henri Jeanson)
********
J'ai lu quelque part que fumer pouvait provoquer le cancer, depuis, j'ai totalement arrêté de lire. (Henry Youngman)
********
C'est commode un enterrement. On peut avoir l'air maussade avec les gens. Ils prennent ça pour de la tristesse. (Jules Renard)
********
Les noyés remontent toujours à la surface. Trop tard en général. (Roland Guyard)
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La vie est si plate que c'est souvent une distraction d'apprendre la maladie, puis la mort de quelqu'un qu'on connaît
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La guerre justifie l'existence des militaires. En les supprimant. (Henri Jeanson)
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J'ai lu quelque part que fumer pouvait provoquer le cancer, depuis, j'ai totalement arrêté de lire. (Henry Youngman)
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C'est commode un enterrement. On peut avoir l'air maussade avec les gens. Ils prennent ça pour de la tristesse. (Jules Renard)
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Les noyés remontent toujours à la surface. Trop tard en général. (Roland Guyard)
mardi 6 avril 2010
Le culte des apparences
"Le plus grave problème du mannequinat n'est pas la nymphophilie, ni même l'anorexie, mais le racisme. Si nous courons tous après la blondeur, il faut appeler les choses par leur nom: c'est parce que nous sommes fachos. Les nazis préféraient les blondes: ils auraient adoré la Slovaque Adriana Karembeu-Sklenarikova, ou les Tchèques Veronika Varekova ou Eva Herzigova (après tout ce n'est pas un hasard si Hitler a commencé par envahir la Tchécoslovaquie, le Führer avait le sens des priorités!). Les recruteurs de modèles vénèrent la race aryenne, ses pomettes hautes, ses yeux clairs, sa dentition saine, sa blancheur musclée... Aujourd'hui dans le meilleur des mondes, le vieilles et les moches son exclues. La beauté est un sport où les hors-jeu sont fréquents. Quoi de plus fasciste que les éléctions de Miss?... Le mot "modèle" est à cet égard plus honnête que celui de "mannequin". C'est exactement la même situation en France avec nos physionomistes de boîtes de nuit qui refusent les Arabes sauf s'ils sont comédiens de "stand up". Je me demande si le voile islamique n'est pas moins fasciste d'un "fashion contest" ou le contrôleur facial d'une discothèque. Au moins, en dissimulant leur visage, le voile islamique laisse une chance aux laiderons. Les fondamentalistes sont sûrement des gros machos qui interdisent aux femmes de conduire, de travailler ou de tromper leur mari sans se faire lapider ou vitrioler, mais reconnaissons-leur cela: ce sont les seuls antiracistes esthétiques. Le port du voile milite contre la séduction au faciès et le totalitarisme du joli minois... Chez moi on traite les enfants d'immigrés comme des délinquants à longueur d'année, jusqu'à ce qu'ils le deviennent, car les pauvres sont tellement obéissants qu'il finissent par foutre le feu aux autobus et aux bagnoles, par courtoisie, pour ressembler à l'image qu'on leur projette d'eux-mêmes depuis la naissance... Et s'il n'yavait que la France où l'Extrême droite frôle le pouvoir! En Pologne, en Slovaquie, en Bulgarie, en Roumanie, les ultra-nationalistes xénophobes grimpent dans les sondages quand ils ne gouvernent pas. J'en viens parfois à me demander si l'Europe nouvelle ne s'est pas construite sur l'extermination des Juifs. Six millions de morts ne sont pas sans conséquence: nous avons détruit les Juifs d'Europe pur y installer la domination des blondes slaves. Les nazis ont gagné leur combat... " (Beigbeder "Au secours pardon")
dimanche 28 mars 2010
jeudi 25 mars 2010
"Toutes les sociétés ont toujours gaspillé, dilapidé, dépensé et consommé au-delà du strict nécessaire, pour la simple raison que c'est dans la consommation d'un éxcédent, d'un superflu que l'individu comme la société se sentent non seulement exister mais vivre"
Jean Beaudrillard " la société de consommation"
samedi 20 mars 2010
jeudi 18 mars 2010
L'habitude tue l'amour. Elle remplace le désir de tendresse par une obligation, par une simple convention, un caprice, un saut d'humeur, une rébellion. Alors qu'elle part d'un désir, d'un sourire, d'un mot, d'un regard même. Le seul moyen de vaincre ce danger est non pas fuir l'habitude mais vivre avec; ce qui évite donc le conflit.
Considérer l'amour comme habitude n'est plus considérer l'amour. En effet, l'un n'exclut-il pas l'autre?...
Considérer l'amour comme habitude n'est plus considérer l'amour. En effet, l'un n'exclut-il pas l'autre?...
mardi 9 mars 2010
J'ai le mal de l'air. C'est un fait. Mais est-ce que mon estomac serait sensible aux flux et reflux de la mer? Serait-il aussi délicat face aux intempérances de Mère Océan? Oui, car cela serait gênant quant à l'un de mes rêves les plus précieux: faire le tour du monde en bateau , en amoureux bien sûr. Je me vois mal affirmer "chérie, veux-tu faire le tour du monde en chiottes?", pour remplacer plus justement "tour du monde en bateau"...
dimanche 7 mars 2010
[A la question "un enfant peut-il être con?" arrêtons de nous voiler la face, je réponds sans hésitation: Oui! On appelle d'ailleurs cela un petit con. Ensuite, au rythme de sa croissance, ce sera un moyen con, puis un grand con, et, en fonction de son hygiène alimentaire, un gros con!]
(vivre avec des cons)
(vivre avec des cons)
mercredi 24 février 2010
dimanche 14 février 2010
mercredi 10 février 2010
Elle savourait dangereusement les méandres de l'amour,
Faisait naître ces larmes comme une douce tragédie,
Et d'un tendre égoïsme ignorait ces vils pleurs de nuit comme de jour
Dont l'infâme impudeur amplifiait la mélodie.
Ainsi affranchie de toute servitude sentimentales,
De même qu'elle se résignait à survivre, au royaume des pleurs,
Il s'évertuait à se délivrer de cette prison de métal,
A savourer ne fût-ce un instant, aux voluptés du bonheur.
Dans une illusoire tendresse il ferma les yeux, voué à sa quête.
Au-delà du monde matériel il s'envolait tendrement.
Si l'Homme, dans sa nature est un néant à l'égard de l'infini, sa conquête
S'avérait fructueuse. Cette tendresse infinie, teintée
D'illusions, soufflait l'air nouveau, dans une grâce inégalée,
Avant d'ouvrir les yeux, d'abdiquer face à sa cruelle réalité.
Faisait naître ces larmes comme une douce tragédie,
Et d'un tendre égoïsme ignorait ces vils pleurs de nuit comme de jour
Dont l'infâme impudeur amplifiait la mélodie.
Ainsi affranchie de toute servitude sentimentales,
De même qu'elle se résignait à survivre, au royaume des pleurs,
Il s'évertuait à se délivrer de cette prison de métal,
A savourer ne fût-ce un instant, aux voluptés du bonheur.
Dans une illusoire tendresse il ferma les yeux, voué à sa quête.
Au-delà du monde matériel il s'envolait tendrement.
Si l'Homme, dans sa nature est un néant à l'égard de l'infini, sa conquête
S'avérait fructueuse. Cette tendresse infinie, teintée
D'illusions, soufflait l'air nouveau, dans une grâce inégalée,
Avant d'ouvrir les yeux, d'abdiquer face à sa cruelle réalité.
mercredi 3 février 2010
Qu'il est beau, ce ciel étoilé; toutes ces étoiles plus étincelantes les unes que les autres. Un enchantement sans égal, un rêve éveillé, qui nous enivre tendrement. Et cette lueur rouge qui scintille, se confond dans le lointain. Ma clope. Si belle et si tendre. Si brillante. Si chaude. Qui se consume.
Se consume
Se consume.
Oh ma tendre et douce.
Réchauffe moi le coeur.
Panse moi les douleurs.
Fais-moi sourire.
C'est fou ce qu'on peut trouver de réconfort dans ce cylindre d'à peine 8cm de long...
Se consume
Se consume.
Oh ma tendre et douce.
Réchauffe moi le coeur.
Panse moi les douleurs.
Fais-moi sourire.
C'est fou ce qu'on peut trouver de réconfort dans ce cylindre d'à peine 8cm de long...
mardi 2 février 2010
lundi 1 février 2010
La vie n'est qu'une histoire de lutte.
Un; Deux; Trois. Quatre...
Les secondes passent. Je n'ai ni le temps ni la force de les rattraper. Le wagon est en marche, impossible de le regagner. Elles le savent très bien. Elles me narguent, à processionner toujours plus vite, à danser la vie, à rythmer cette perpétuelle lutte. A plusieurs ces insignifiantes petites secondes m'attirent inévitablement vers le précipice. Elles semblent jouir de ma faiblesse. Je cesse de regarder ma montre. Elle me donne la migraine. Le vertige aussi. Je me défile devant le temps qui s'effile; c'est toujours mieux que se défiler devant ma vie qui s'effile. Je perds le fil. Coupons-le.
Oh, tendresse ennemie!
Rattrape cette corde, et remonte-moi.
Redevenons amis. Amis, simplement. Mais sûrement. Redevenons la tendresse d'autrefois. Aussi solide que certaine. Aussi rassurante qu'imperturbable. Aussi encourageante que sincère.
Redeviens ma paire. Redeviens-moi. Reviens à moi. Redeviens mienne. Renouons cet amour, renouons ce fil. Amour, vite, re-déploie tes ailes, et envoles-moi. Pour toujours.
C'est mon anniversaire. Toutes ces mines réjouies semblent l'indiquer en chœur. Un "Joyeux anniversaire" me noie dans toute sa splendeur, telle la houle. Emporté par cet élan, j'échouai, trouvant pour seule défense un "merci" téméraire mais discret. Poignées de mains et bises pour sceller davantage l'hypocrisie qui unit les hommes entre eux, et puis c'est reparti pour une nouvelle année "comme les autres".
Une question me frappe encore: dois-je vraiment fêter la vie avec tant d'entrain ou simplement me résigner d'être encore en vie? Dois-je célébrer le fait d'avoir un an de plus, ou le regretter?
Je ne célèbre pas la vie. Les anniversaires sont à mes yeux des commémorations, qui me rappellent sans cesse combien je suis courageux de n'avoir pas encore trépassé à la sottise des gens. Non, la vie n'est pas une célébration. Elle est cette chanson, cette oraison funèbre qui fredonne la même mélodie à nos oreilles. Et ces doux baisers? Une imposture, l'illusion que la tendresse existe encore.
Tendresse- tendresse - ten... dresse. Tant d'resses. Tends. Dresse. Tendresse toi-même! (je hais les impératifs)
Des mots, des mots. Des Mots. DES Mots. Des MAUX.
Voilà que la migraine frappe encore, au rythme inaltérable des mots, du temps. La réalité des maux rattrape à grands pas l'illusion des mots . C'est inévitable.
Comme ces secondes, qui défilent, quinze, seize, dix-sept... Je m'approche du gouffre, aussi sûrement que ces secondes qui passent et qui trépassent, qui approchent peu à peu de minuit.
Je m'efforce de fermer les yeux. D'esquisser un sourire. La nuit approche. Partira-t-elle?
Une nouvelle lutte s'annonce. Un nouveau combat m'attend.
La vie n'est qu'une histoire de lutte.
Lutte - lutte- lutte - l...
SILENce.
Les secondes passent. Je n'ai ni le temps ni la force de les rattraper. Le wagon est en marche, impossible de le regagner. Elles le savent très bien. Elles me narguent, à processionner toujours plus vite, à danser la vie, à rythmer cette perpétuelle lutte. A plusieurs ces insignifiantes petites secondes m'attirent inévitablement vers le précipice. Elles semblent jouir de ma faiblesse. Je cesse de regarder ma montre. Elle me donne la migraine. Le vertige aussi. Je me défile devant le temps qui s'effile; c'est toujours mieux que se défiler devant ma vie qui s'effile. Je perds le fil. Coupons-le.
Oh, tendresse ennemie!
Rattrape cette corde, et remonte-moi.
Redevenons amis. Amis, simplement. Mais sûrement. Redevenons la tendresse d'autrefois. Aussi solide que certaine. Aussi rassurante qu'imperturbable. Aussi encourageante que sincère.
Redeviens ma paire. Redeviens-moi. Reviens à moi. Redeviens mienne. Renouons cet amour, renouons ce fil. Amour, vite, re-déploie tes ailes, et envoles-moi. Pour toujours.
C'est mon anniversaire. Toutes ces mines réjouies semblent l'indiquer en chœur. Un "Joyeux anniversaire" me noie dans toute sa splendeur, telle la houle. Emporté par cet élan, j'échouai, trouvant pour seule défense un "merci" téméraire mais discret. Poignées de mains et bises pour sceller davantage l'hypocrisie qui unit les hommes entre eux, et puis c'est reparti pour une nouvelle année "comme les autres".
Une question me frappe encore: dois-je vraiment fêter la vie avec tant d'entrain ou simplement me résigner d'être encore en vie? Dois-je célébrer le fait d'avoir un an de plus, ou le regretter?
Je ne célèbre pas la vie. Les anniversaires sont à mes yeux des commémorations, qui me rappellent sans cesse combien je suis courageux de n'avoir pas encore trépassé à la sottise des gens. Non, la vie n'est pas une célébration. Elle est cette chanson, cette oraison funèbre qui fredonne la même mélodie à nos oreilles. Et ces doux baisers? Une imposture, l'illusion que la tendresse existe encore.
Tendresse- tendresse - ten... dresse. Tant d'resses. Tends. Dresse. Tendresse toi-même! (je hais les impératifs)
Des mots, des mots. Des Mots. DES Mots. Des MAUX.
Voilà que la migraine frappe encore, au rythme inaltérable des mots, du temps. La réalité des maux rattrape à grands pas l'illusion des mots . C'est inévitable.
Comme ces secondes, qui défilent, quinze, seize, dix-sept... Je m'approche du gouffre, aussi sûrement que ces secondes qui passent et qui trépassent, qui approchent peu à peu de minuit.
Je m'efforce de fermer les yeux. D'esquisser un sourire. La nuit approche. Partira-t-elle?
Une nouvelle lutte s'annonce. Un nouveau combat m'attend.
La vie n'est qu'une histoire de lutte.
Lutte - lutte- lutte - l...
SILENce.
mercredi 20 janvier 2010
extrait de "mort aux cons" (Carl Aderhold)
Le narrateur, tueur de con désormais confirmé (milieu de l'oeuvre) émet diverses hypothèses au sujet de ses victimes, déjà nombreuses...
Pour qui sait regarder, je veux dire pour qui porte son attention sur ce type de situation -l'abus de pouvoir-, l'expérience est édifiante, voire effrayante. Tenez, prenons l'exemple d'un serveur de restaurant. Vous riez? Il a pourtant un pouvoir, un minuscule, je vous l'accorde, mais néanmoins bien réel: celui de prendre votre commande, plus ou moins vite, selon que votre tête lui revient ou pas. Il n'est pas jusqu'à sa façon de vous demander ce que vous boirez qui ne vienne vous le rappeler. Une bouteille et vous serez bien servis, une carafe d'eau et vous devrez lui courir après tout le reste du repas. Je sais de quoi je parle. Je ne compte plus les fois où, délibérément, il s'occupe des gens de la table d'à côté, alors qu'ils sont arrivés bien après moi. Sans oublier la façon dont il s'arrange pour ne pas croiser mon regard ou faire semblant de ne pas voir mes appels.
Remarque: Vous pensez sans doute qu'en fait, ma toute nouvelle aptitude à les débusquer, mon attention désormais déguisée, m'amenait à voir des cons partout. La réalité est tout autre. Je fais partie de ces gens qui en raison de leur gentillesse ou de leur timidité, ou bien encore de leur apparente différence, attirent à eux les cons aussi sûrement autant que l'aimant la limaille. Je suis un véritable attrape-cons. Avec moi ils trouvent un terrain privilégié pour afficher leur assurance et conforter leur sentiment de supériorité, ils peuvent se laisser aller à de faciles railleries, ou s'autoriser à me donner des conseils, sans que je ne leur aie rien demandé.
Pour qui sait regarder, je veux dire pour qui porte son attention sur ce type de situation -l'abus de pouvoir-, l'expérience est édifiante, voire effrayante. Tenez, prenons l'exemple d'un serveur de restaurant. Vous riez? Il a pourtant un pouvoir, un minuscule, je vous l'accorde, mais néanmoins bien réel: celui de prendre votre commande, plus ou moins vite, selon que votre tête lui revient ou pas. Il n'est pas jusqu'à sa façon de vous demander ce que vous boirez qui ne vienne vous le rappeler. Une bouteille et vous serez bien servis, une carafe d'eau et vous devrez lui courir après tout le reste du repas. Je sais de quoi je parle. Je ne compte plus les fois où, délibérément, il s'occupe des gens de la table d'à côté, alors qu'ils sont arrivés bien après moi. Sans oublier la façon dont il s'arrange pour ne pas croiser mon regard ou faire semblant de ne pas voir mes appels.
Remarque: Vous pensez sans doute qu'en fait, ma toute nouvelle aptitude à les débusquer, mon attention désormais déguisée, m'amenait à voir des cons partout. La réalité est tout autre. Je fais partie de ces gens qui en raison de leur gentillesse ou de leur timidité, ou bien encore de leur apparente différence, attirent à eux les cons aussi sûrement autant que l'aimant la limaille. Je suis un véritable attrape-cons. Avec moi ils trouvent un terrain privilégié pour afficher leur assurance et conforter leur sentiment de supériorité, ils peuvent se laisser aller à de faciles railleries, ou s'autoriser à me donner des conseils, sans que je ne leur aie rien demandé.
Cheminement des idées : dire - retourner- allumer- être- revenir- jouer- pleurer- tomber- (couvrir)- chanter
J'ai quelque chose à vous dire, et je vous conseille de m'écouter. Vous en serez retournés, chers amis. J'ai entendu dire que depuis mon départ fortuit, rien n'est plus pareil. Il paraît même que personne ne s'entend plus. Venez donc me voir afin de régler vos démêlés, allumons un barbecue et discutons posément autour du feu. Cela ne peut plus durer. Peu importe le nombre que vous soyez, ma demeure sera toujours ouverte. Enfin, façon de parler... Mais l'on me rend souvent visite, alors pourquoi pas vous. Enfin, visites... pas toujours agréables, quelquefois, il arrive à mon humble demeure d'être l'objet de défécations ou servir d'urinoir. Bref vous serez les bienvenus. Je dois tout de même vous prévenir qu'elle n'est pas des plus confortables, je m'y sens moi-même , de temps à autre, à l'étroit; vous n'en reviendrez peut-être pas. Bref, nous en parlerons au moment venu. Mes voisins eux-mêmes sont proches, plus que ne vous l'êtes entre vous croyez-moi. J'en suis d'autant plus affligé quand je vous vois vous chamailler comme vous le faites, et pleurez comme des enfants. Moi ça fait longtemps que j'ai passé ce cap... Bref tout cela me révolte un peu. D'autant que le vacarme que vous produisez m'indispose énormément ici-bas. Ne croyez pas que mes murs sont insonorisés. Vous savez, on a beau m'avoir creusé un trou de deux mètres de profondeur, j'entends quand même vos querelles. Alors de grâce, ne tombez pas dans la bêtise, tant qu'il est encore temps. Je vous enjoins de venir me voir quand bon vous semblera. Et vous retrouverez le sourire, d'être en vie, déjà, d'être au chaud, d'avoir une maison bien à vous... Vous chanterez la vie tant vous la découvrirez. Et vous n'aurez plus à entendre mes plaintes. Ah... et j'allais oublier: mon adresse, c'est en haut de la rue, juste au cimetière, à la troisième rangée. Vous ne vous y perdrez pas, c'est la seule tombe sur laquelle est inscrit "Prière de ne pas déranger".
Mes funestes salutations. ;)
Mes funestes salutations. ;)
jeudi 14 janvier 2010
*Silencio* (sélectionner l'espace vide ci-dessous pour lire le texte^^)
Le silence est la meilleure sottise que l'Homme ait pu accomplir dans sa sombre existence. Ainsi soit-il. Mais le silence est aussi sa pire phobie, sa crainte la plus folle. Car elle blesse malgré elle. Il l'avait bien compris, bien malgré lui aussi. Personne ne l'entendait, ni même ne l'écoutait. C'est tout juste si les murs l'écoutaient. Personne ni rien ne pouvait ni ne pouvait entendre ses mots, ses plaintes, ses déclarations d'amour. Il en venait même à se demander s'il était en vie. Il l'espérait en tout cas, car il pourrait y mettre fin. Dans le silence. Cela aussi l'effraya. Le silence l'entourait, au milieu des rires, des pleurs, de toute cette cacophonie. Il l'avait compris. Le silence était son pire ennemi. Pire que le rien, le silence ne lui répondait pas, et même au milieu d'une foule démesurée, il n'entendait que ses pleurs, ses questions, ses craintes, ses peines, et ses larmes. Cela ne faisait renforcer que sa solitude déjà endurcie avec le temps et la souffrance, mais pis encore, elle s'était forgée avec ses instants les plus glorieux, ceux où il avait encore une vie sociale, où il avait encore une femme, des amis, une vie "ordinaire". Il se rendit compte de l'absurdité de la vie. Et de l'humanité. Il voulait sortir de ce corps, Il voulait ne plus être lui. Mais impossible. Le silence l'empêchait de mettre fin à sa vie. Il était condamné à parler aux murs, en espérant vainement quelque réponse, se parler à lui-même, sortir de ce corps -mais ne plus être lui-même- devenir quelqu'un d'autre, qui correspondrait peut-être mieux aux codes totalitaires de l'apparence, et dire enfin:
Je crains votre silence, et non pas vos injures....
Je crains votre silence, et non pas vos injures....
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